Une extension de 20 m² sur un terrain situé en zone urbaine peut parfois nécessiter un permis de construire, mais dans d’autres cas, une simple déclaration préalable suffit. Le seuil de 20 m² n’est pas toujours la limite fixe : il varie selon la situation du terrain, la commune et la surface totale du bâtiment après travaux.
Le calcul ne se limite pas à la surface créée : la surface totale de plancher et l’emprise au sol sont prises en compte, avec des conséquences directes sur la nature de la démarche administrative. Les règles évoluent régulièrement, et certaines exceptions locales complexifient encore plus l’application des textes.
Surface, emprise au sol et surface de plancher : de quoi parle-t-on exactement ?
Avant d’envisager la moindre extension, il faut s’y retrouver parmi trois notions qui se télescopent : surface de plancher, emprise au sol et surface de construction. Ces termes alimentent souvent la confusion, y compris chez les professionnels.
La surface de plancher désigne l’ensemble des surfaces closes et couvertes, calculées à partir du nu intérieur des façades. Certains éléments, comme les escaliers ou l’épaisseur des murs, sont retirés du calcul. Cette mesure sert de référence pour fixer de nombreux seuils réglementaires et détermine la capacité d’un bâtiment à recevoir des usages précis.
Quant à l’emprise au sol, elle mesure la projection verticale du volume de la construction sur le terrain, débords compris. Terrasses, balcons, auvents… tout compte dans ce calcul. Ce critère, souvent décisif, conditionne la nature de l’autorisation administrative à demander.
On croise parfois le terme de surface de construction, mais celui-ci n’a pas de définition précise dans le code de l’urbanisme. Pour éviter toute ambiguïté, mieux vaut se référer à la distinction surface de plancher/emprise au sol.
Dès qu’il s’agit de créer ou d’agrandir, chaque mètre carré pèse lourd dans la balance. Les seuils sont fermes : les dépasser entraîne un changement de procédure, parfois assorti de contrôles accrus.
Quelles sont les limites de surface pour une déclaration préalable de travaux ?
Ici, le code de l’urbanisme ne laisse aucune place à l’incertitude. Pour la grande majorité des projets d’extension ou de création de surface, la règle nationale fixe le maximum à 20 m² de surface de plancher ou d’emprise au sol. Ce seuil s’applique aux annexes, abris de jardin, garages, mais aussi aux agrandissements accolés à une maison existante.
La situation change si la commune dispose d’un plan local d’urbanisme (PLU) ou d’un plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) : dans ce cas, l’extension peut atteindre 40 m². Cependant, dès que la surface de plancher totale du logement franchit les 150 m², il faut déposer un permis de construire et faire appel à un architecte.
En dehors des zones couvertes par un PLU, le seuil de 20 m² reste la règle. Toute extension, même modeste, qui dépasse cette limite impose la constitution d’un dossier de permis de construire en mairie.
Pour mieux visualiser les différentes situations, voici une synthèse :
- Dans une commune avec PLU : jusqu’à 40 m² d’extension, sous certaines conditions.
- Dans une commune sans PLU : limite fixée à 20 m² de surface ou d’emprise au sol.
Pour éviter toute erreur, il est judicieux de prendre contact avec le service urbanisme de la commune avant toute démarche. Les seuils de déclaration préalable sont fermement encadrés.
Zoom sur les exceptions : quand peut-on aller jusqu’à 40 m² sans permis de construire ?
Dans certaines situations bien définies, la déclaration préalable de travaux autorise une surface maximum de 40 m². Cette possibilité concerne uniquement les extensions réalisées en zone urbaine d’une commune dotée d’un PLU. L’idée : faciliter la densification tout en évitant d’engorger les services instructeurs avec des dossiers de permis de construire.
Tant que la surface de plancher totale (extension comprise) ne dépasse pas 150 m², la déclaration préalable suffit. Si ce seuil de 150 m² est franchi, il faudra obligatoirement déposer un permis de construire et solliciter un architecte.
Hors PLU, pas de dérogation : le plafond reste à 20 m². Dans les communes rurales, une extension plus généreuse impose automatiquement un permis de construire.
Avant de se lancer, trois points méritent une attention particulière :
- Le projet doit impérativement se situer en zone urbaine d’un PLU ou PLUi.
- La surface de plancher totale du bâtiment, extension comprise, ne peut dépasser 150 m² sans permis de construire.
- Les prescriptions du plan local d’urbanisme (emprise au sol, hauteur, aspect extérieur) doivent être strictement respectées.
Un contact préalable avec le service urbanisme de la commune permet de lever les doutes et d’avancer sur des bases solides.
Les démarches à prévoir pour déclarer vos travaux en toute tranquillité
La préparation d’un dossier déclaration préalable demande rigueur et méthode. Il faut remplir le formulaire Cerfa spécifique et joindre plusieurs plans : plan de situation du terrain, plans des façades, insertion du projet dans l’environnement, plan de masse détaillant la surface de l’extension et les distances aux limites du terrain. Chaque document doit être précis, lisible et fidèle à la réalité.
L’instruction du dossier est assurée par le service urbanisme de la commune. Comptez généralement un mois de délai. Pendant ce temps, des compléments peuvent être demandés. Une réponse rapide facilite un traitement sans accroc. Si le projet se situe en secteur protégé ou à proximité d’un monument historique, l’avis des architectes bâtiments France pourra être requis, doublant parfois le délai d’instruction.
Le dépôt du dossier s’effectue en mairie, sur place ou via une plateforme numérique si la commune le propose. Un récépissé est remis, précisant la date de démarrage de l’instruction. Avant de lancer la première pierre, attendez la notification officielle : l’absence de réponse vaut accord, mais mieux vaut vérifier qu’aucun recours ne pèse sur le projet.
La déclaration préalable ne clôt pas le parcours. Le montant des travaux conditionne le calcul de la taxe d’aménagement, à régler ensuite. Enfin, si l’extension modifie les performances énergétiques, une actualisation du DPE sera nécessaire.
Un projet de travaux, c’est toujours une aventure administrative. Se lancer sans filet, c’est courir vers les ennuis. Mais bien préparé, chaque mètre carré supplémentaire prend tout son sens et s’inscrit dans les règles du jeu.



